Anatole France (1844 - 1924)
 

Biographie

Né à Paris, le 16 avril 1844, fils d'un libraire parisien, il acquiert tôt le goût des livres et une bonne culture classique. Il entre comme lecteur chez Lemmerre, éditeur des Parnassiens, se lie d'amitié avec Leconte de Lisle et publie un recueil, Les Poèmes dorés (1873), suivi du poème dramatique Les noces Corinthiennes (1876). Il tiendra de 1886 à 1893 la rubrique de critique littéraire du journal Le Temps avant de renoncer à toute activité autre que celle d'écrivain. Ses premiers romans (Le Crime de Sylvestre Bonnard, 1881; La Rôtisserie de la Reine Pédauque, 1893; Les Opinions de Jérôme Coignard, 1893) donnent une image assez fidèle de l'humanisme souriant et raffiné, de l'ironie perspicace qui animent alors ce dilettante sceptique et pourtant capable de passion (Thaïs, 1890; Le Lys Rouge, 1894).

 

L'oeuvre sociale

Après 1897 et son engagement aux côtés d'Emile Zola pour la réhabilitation de Dreyfus, Anatole France change de ton dans ses oeuvres, qui reflètent désormais ses préoccupations sociales. Les quatre volumes de L'Histoire Contemporaine (L'Orme du mail, 1897;Le Mannequin d'osier, 1897; L'Anneau d'améthyste, 1899; Monsieur Bergeret à Paris, 1901) témoignent de cette évolution qui le porte à s'engager contre les abus du temps et à prôner un réformisme radical et une révolution morale.

La suite de sa production dénoncera avec vigueur les injustices (L'Affaire Crinquebille, 1901), le fanatisme de la Terreur (Les Dieux ont soif,1912) et la violence (La Révolte des Anges, 1914). Mais derrière la satire polémique perce un pessimisme profond quant à la possibilité pour l'homme de créer une société juste et fraternelle.

Elu à l'Académie franšaise en 1896, lauréat du Prix Nobel de littérature en 1921, Anatole France a également consacré quelques-unes des ses meilleures pages à l'évocation émue de sa jeunesse (Le Livre de mon ami, 1885; Petit Pierre, 1918).

Anatole France mourut à La Béchellerie, près de Tours, en 1924.